«Et là je vois que le prophète, l’une des personnes que j’admirais vraiment, possédait des esclaves et encourageait l’esclavage, était dans le camp de ceux que je méprisais le plus»

Comme l’écrasante majorité des musulmans, Ken avait accepté l’islam longtemps avant d’en étudier le message par lui-même. Une fois cet effort accompli, son acceptation, sa soumission n’a pas résisté. Combien de gens d’aujourd’hui accepteraient l’islam en connaissance de cause? 


Je suis né en France, de parents d’origine sénégalaise, et j’ai 22 ans. Il faut savoir que là-bas, la population est à 90% musulmane, enfin officiellement. J’ai donc été bercé dans l’islam avec mes frères et sœurs, sans compter que mon grand-père (le père de ma mère) était imam.

Dans mon enfance, j’étais vraiment à fond dans la religion, mais j’ai toujours eu l’esprit curieux, ce qui m’a valu quelques problèmes à l’école coranique, quand je posais des questions dérangeantes. Les réponses étaient d’ailleurs toujours les mêmes: va voir un savant ou un cheikh qui t’expliquera mieux. Mais eux, ils parlent toujours d’interprétations, donc j’ai gardé quelques doutes. Dans le fond, je me disais qu’on n’est pas là pour rien, et que si mes parents disaient que l’islam est la vérité, alors je n’avais aucune raison de le contester.

À l’école, je traînais volontiers avec tout le monde, mais je psychotais à l’idée que mes potes mécréants allaient brûler en enfer parce qu’ils ne croyaient pas en Allah et son prophète. Ça me rongeait déjà alors que je n’avais même pas huit ans.

Je vois aujourd’hui que l’islam a détruit ma famille, petit à petit. Mais avant d’en parler, je dois vous raconter quelques détails sur mes parents, surtout mon père, pour rendre certaines choses compréhensibles ensuite. Il a été abandonné par sa famille. Dans le village dont il est originaire, certains enfants sont obligés d’aller dans la rue mendier des sous pour le compte d’un serigne, un guide spirituel islamique. Aujourd’hui encore. Et mon père a dû vivre ça.

Ensuite il s’est engagé dans l’armée et a été blessé à une oreille par un éclat de balle. Il est allé à l’hôpital pour ça, mais sans vraiment se faire soigner. Il espérait que ça passerait. Puis il est parti en Europe, en France via la Hollande et l’Espagne. Il était musulman mais il ne pratiquait pas vraiment. Il allait en boîte, faisait du ski, rencontrait du monde et traînait avec toutes sortes de gens. Il a dû faire la java comme ça pendant une dizaine d’années.

Puis il est retourné au Sénégal et a rencontré ma mère. Alors, son père imam a bien fait bien comprendre à mon futur père qu’il devait changer de vie et se consacrer sérieusement à la religion. Et il l’a fait. Un jour, il est retourné à l’hôpital et les médecins lui ont dit que son ouïe allait se détériorer avec le temps. Quand il a appris cette mauvaise nouvelle, il vivait à fond dans la religion et son comportement a soudain changé. Il est devenu impulsif, ce n’était plus le même homme. À part pour le travail, il ne parlait plus du tout aux gens, qu’il considérait comme des «mécréants».

Puis il s’est installé à nouveau en France, ce qui a marqué le début du cauchemar pour ma mère. Il se permettait de la battre alors qu’elle était enceinte de ma sœur. Pour lui, c’était normal, car les textes islamiques lui donnent raison. Il ne sortait presque plus, ou seulement pour aller à la mosquée. Ma mère travaillait et lui touchait une sorte de pension.

Il s’est alors passé quelque chose de surréaliste et qui m’a conforté dans ma foi comme jamais auparavant. La veille de sa mort, j’étais là et quelqu’un lui a parlé au téléphone. J’ai alors une sorte de pressentiment, je me suis dit que demain il allait mourir, c’était sûr, je le sentais au ton de sa voix.


À l’époque, je pratiquais à fond et en plus ma mère m’incitait à faire des doha  pour qu’il aille au paradis, en dépit de tout ce qu’il avait fait. J’allais aussi tous les vendredis à la mosquée… Et il y a deux ans je me suis dit, bon, il faut que je lise une fois le Coran en entier, et les hadiths sahih.

Je tombe sur Bukhari et les passages sur l’esclavage. Depuis petit, j’avais une haine terrible pour les esclavagistes, les colons. Je regardais tous les documentaires ou les séries sur l’esclavage. Et ces passages de Bukhari, je n’en avais jamais entendu parler, ni à la mosquée ni avec mes parents. Je ne savais même pas qui était Bukhari, pour commencer.

Et là je vois que le prophète, l’une des personnes que j’admirais vraiment, possédait des esclaves et encourageait l’esclavage, était dans le camp de ceux que je méprisais le plus. Donc j’ai commencé à regarder des vidéos d’apostats, de critiques, tout ça, et j’ai trouvé leurs propos intéressants. Puis j’ai examiné les erreurs scientifiques du Coran, les aspects historiques problématiques, le côté moral du message de l’islam. Et j’ai aussi réalisé que c’était cela qui avait détruit mon père. J’ai alors pu comprendre l’origine de son comportement, qui est très répandu chez les musulmans.

2 réponses sur “«Et là je vois que le prophète, l’une des personnes que j’admirais vraiment, possédait des esclaves et encourageait l’esclavage, était dans le camp de ceux que je méprisais le plus»”

  1. Merci pour ce témoignage. Dès que vous en avez d’autres, n’hésitez pas à les publier. Il est toujours intéressant de voir le parcours d’un apostat et ses raisons.

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